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Apparition californienne

La photographe allemande Stefanie Schneider irradie la galerie Hug avec sa série de polaroïds « The Girls behind the white Picket Fence » shootée dans le désert californien. A mi chemin entre photographie, cinéma et peinture, l’esthétique surréaliste de l’ensemble est digne d’un thriller de David Lynch.

L’Ouest américain, ses déserts brûlants et ses mythes désuets, voilà ce qui inspire cette chasseuse d’images berlinoise en quête de paysages solaires. En effet, Stefanie Schneider passe le plus clair de son temps sur la cote ouest,  dans un canyon ou au bord d’une route poussiéreuse non loin des lumières d’Hollywood. Pour sa série polaroïds « The Girls behind the white Picket Fence », l’artiste a choisi la torpeur du désert de Twentynine  Palms. Sur fond de plaines ensablées, l’artiste invente un scénario. Une jolie fille mystérieuse évolue dans un « No man’s land » entre une caravane abandonnée, quelques cactus, un vieux parasol et une barrière blanche en bois. Du 100% américain. L’histoire est floue et fragmentée. Mais peu importe, on adore se perdre dans cet univers onirique qui fini par nous happer littéralement.

Délavées presque brulées, les images de Stefanie Schneider semblent tout droit sortir d’un Road Movie des années 70. On s’attendrait presque à voir débarquer Telma et Louise… Lumière saturée, couleurs étrangement vintage, trous et halos viennent se poser comme un filtre imprévisible. L’image devient alors une fiction, une réalité parallèle.  Son secret de fabrication ? L’utilisation de pellicules Polaroïd périmées dont les substances chimiques réagissent de manière aléatoire sur l’image. Elle explique « Mon travail consiste en un équilibre
entre la lumière et les réactions chimiques contrôlées. Puis, de retour dans son laboratoire berlinois, elle rephotographie ses clichés puis les agrandis. Parfois même elle les assemble pour en faire un film. La galerie Hug projette d’ailleurs l’un de ses « polamovie » de 60mn réalisé à partir de 4000 clichés Polaroid. La cerise sur le gâteau. On n’en dira pas plus sur cette escapade passéiste très séduisante.

Galerie Catherine et André Hug, « The Girl behind the white Picket Fence »
Photographies et film de Stefanie Schneider
Du 13 juin au 20 juillet 2013
40 rue de Seine - 2 rue de l'Echaudé, 75006 Paris